La sortie de Delhi nous donne à voir une réalité peu joyeuse. Pendant des kilomètres, les bidonvilles se succèdent derrière les vitres du train. Images d’une misère difficile à imaginer. C’est le petit matin, des hommes s’entassent sur le bord des routes pour faire leurs besoins, des enfants courent au milieu des détritus, des cochons se goinfrent des restes de nourriture qu’ils trouvent entre deux montagnes d’ordures…
Petit à petit, le paysage change, on entre dans la campagne. Je peux difficilement vous en parler parce que je me suis malheureusement endormie jusqu’à l’arrivée !
A la sortie du train, la chaleur est déjà accablante. Nous sommes assaillies par une horde de taxis-men qui se battent presque pour nous faire monter dans leurs voitures. J’ai un goût de déjà vu en me souvenant d’une arrivée assez semblable à Iquitos, au cœur de la jungle péruvienne. Hein, mon Philou ?
Après quelques minutes de palabres, nous voilà entassées avec nos sacs dans un taxi tout blanc. Impossible de prendre un rickshaw : nous allons loger à Amber, un petit havre de paix à quelques kilomètres de la grande ville. Amber est en fait l’ancienne capitale de l’Etat princier de Jaipur.
Toutes voiles dehors, nous démarrons. Le trajet se passe bien jusqu’à ce que, presque parvenues à bon port, nous nous apercevions que le chauffeur ne connait pas l’adresse. On tourne pendant près d’une heure dans les ruelles d’Amber, demandant notre chemin à des locaux qui, voulant tous bien faire, nous indiquent des directions toutes plus incongrues les unes que les autres. Mais comme tous les chemins mènent à Rome, c’est finalement au bout d’un petit sentier escarpé que nous découvrons la Doongri Guest House, où nous allons passer deux jours dans un cadre absolument paradisiaque : petite maison au milieu des montagnes, tenue par une française et son mari, musicien indien qui nous fait découvrir les charmes de la méditation à la belle étoile…
Armées de nos appareils photos et de nos plus belles tongs, nous partons à la découverte du Fort d’Amber. Au XIIème siècle, le site était occupé par la dynastie des Kachwahas, et la citadelle est restée leur capitale jusqu’à la fondation de Jaipur, en 1727.
On dit que le Fort est splendide. Et on n’a pas tort. C’est à couper le souffle. Le Fort se dresse, majestueux, s’étale devant nos yeux. Ses couleurs oscillent entre le rose et le jaune, et ça lui va bien. On ne sait plus s’il faut regarder devant ou bien sur les côtés, s’y enfoncer tout de suite pour mieux le découvrir ou prendre le temps de l’appréhender de loin. J’adore.
Des enfants croisés dans le fort... ils adorent qu'on les prenne en photo! Et nous apprennent quelques mots d'hindi. Héhé, notre vocabulaire s'enrichit de jour en jour!
En grimpant pour atteindre le Fort, on croise un éléphant. D’humeur sociable, on se dit ‘faisons connaissance !’. On l’appelle : « Hati ! Hati ! » (éléphant, en Hindi). Ça ne lui a apparemment pas tellement plu puisqu’il s’est gentiment mouché sur nous… Mais peut-être était-ce en fait un sympathique message de bienvenue ?
Le lendemain, grâce à Nico qui est passé par là quelques jours avant nous, nous faisons la rencontre de Sunny. Il a notre âge et son père possède la plupart des éléphants d’Amber. En plus d’une jolie rencontre, cela nous permet d’apprendre quelques petites choses plutôt utiles : par exemple, les voitures portant une plaque d’immatriculation jaune sont « publiques » et peuvent transporter des personnes pour de l’argent, tandis que celles ayant une plaque noire ne sont qu’à usage privé. Bon à savoir au cas où une voiture avec une plaque noire tenterait de se faire passer pour un taxi ! Mais jusqu’à maintenant, le cas ne s’est jamais présenté. Pas encore eu peur, ici.
Très sympa, Sunny passe la journée avec nous et nous fait découvrir Jaipur. Jaipur est aussi appelée la ville rose. A l’origine, les bâtiments étaient plutôt blancs mais ils ont été entièrement repeints en rose à l’occasion de la visite du Prince Albert en 1853 : le rose est une couleur traditionnelle de bienvenue ! Comme à Delhi, les rues sont grouillantes : bruits de klaxons de tous côtés, piétons qui se fraient un passage entre les vaches, les rickshaws et les vélos, trottoirs encombrés. Nous voulions visiter le Palais des Vents (Hawa Mahal) qui, parait-il, est magnifique, mais nous arrivons trop tard !
Mais comme la surprise est à chaque coin de rue, nous découvrons coincé dans un des murs du palais un petit temple où une petite fille, seule, s’amuse à coller des feuilles sur un mur. Nous restons là pendant une heure, allongée sur les tapis et jouant avec elle… Le calme après la tempête !
A la nuit tombée, Sunny nous emmène dans un festival ‘culturel’, qui a lieu tous les ans en pour célébrer la mousson (qui, cette année, se fait d’ailleurs très absente. Ce qui est très ennuyeux pour les indiens : en termes de culture, leurs pertes risquent d’être terribles cette année). Le festival se déroule dans un grand parcs. On déambule dans des allées éclairées à la bougie, au son des instruments de musique traditionnelle. Un petit tour d’éléphant, une lecture des lignes de la main (dangereux, selon certains ! Si le diseur de bonne aventure est fort, il risque de nous voler notre chance en nous touchant la main…), un dîner aux chandelles sur des coussins moelleux… la soirée est parfaite !
Avant de nous raccompagner à la Guest House, Sunny nous invite à passer dans la grange où sont installés les éléphants pour la nuit. Il fait sombre et ils sont tous là, imposants, chacun sur leur carré de paille. Nous montons encore sur un éléphant, mais de façon plus artisanale cette fois : pieds nus, on escalade d’abord sa jambe puis on tente tant bien que mal de se hisser jusqu’à son cou, aidées par Monsieur Elephant :-)
Le lendemain, nous nous rendons à la gare routière où un bus nous attend, direction Agra. Avant de monter dans le bus, nous buvons un capuccino qui nous sera fatal (enfin, je pense ! ) mais vous en saurez plus en lisant la suite de nos aventures… bientôt dans vos kiosques, et sur ce blog ! Ci-dessous ==> 2 vidéos
La première: trajet Jaipur -Agra en bus. Sans mentir, le klaxon que l'on entend sur la vidéo retentissait toutes les 30 secondes, une minute max.... pendant 4 heures!!!
Vidéo tournée au Fort d'Amber:
Super intéressant ! Très belles photos aussi...
RépondreSupprimercomme c'est agréable de lire tes aventures , on s'y croirait vraiment. tout nous semble tellement extra-ordinaire .. .En ce qui concerne le fort d'Amber, il parait que l'immense mur qui fait le tour du fort fait penser a la grande muraille de chine...
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